La Basilique Saint-Nazaire et Saint-Celse

L'édifice serait élevé sur l'emplacement d'une église de l'époque wisigothe (VIème siècle). La crypte en serait le seul témoignage. Commencée au XIème siècle (bénédiction par le Pape Urbain II des matériaux en 1096), elle sera remaniée à plusieurs reprises.

Lorsque Carcassonne devient possession royale (XIIIème siècle), la cathédrale romane doit être entièrement détruite et remplacée par le style gothique. Par manque de crédits, tout ne sera pas détruit, la nef sera épargnée. Il a fallut faire une jonction entre la nef romane aux dimensions restreintes et le transept gothique destiné à un édifice plus important.

Les deux styles, roman et gothique, se combinent harmonieusement : c'est l'une des particularités intéressantes de ce monument.

- Une grande nef romane, les 2 nefs latérales sont soutenues alternativement par des piliers ronds ou carrés (autre particularité).
- Le transept ogival et les chapelles (édifiées par Pierre de Rochefort) sont d'influence nordique, donc du plus pur gothique.

"La basilique Saint-Nazaire présente l'invasion du style ogival, du nord, dans un monument roman du Midi." Eugène Viollet-le-Duc.


 

Cliquez sur le plan pour voir le détail des éléments suivants :

1 : Chapelle Saint-Pierre
2 : Pierre du siège
3 : Tombeau de l'évêque Radulphe
4 : L'orgue


Longueur totale : 48.50 m
Longueur des transepts : 34 m
Largeur des 3 nefs ensemble : 16 m
Accueil | Histoire | Photos | Visite guidée | Architecture | Basilique | Quelques chiffres | Attaquez la cité

Chapelle Saint-Pierre

Dans cette chapelle, qui date du XIV° siècle, se trouve le tombeau cénotaphe de Pierre de Rochefort. Le type architectural de ce monument est assez rare en France (V. le Duc) : appliqué contre le mur, il présente sur une surface verticale le développement de toutes les parties qui constituent le mausolée, avec soubassement, image du mort et dais.

 

L'évêque (au centre) n'est pas couché sur le socle mais se dresse sur celui-ci. Il est couronné par un dais plaqué ; un chanoine et un diacre l'accompagnent (les 2 arcatures latérales).

Ce tombeau mesure 5m de haut ; les 3 niches ont une largeur de 1.20m chacune et sont divisées en 3 étages : statuettes sous arcature, statues et gâbles.

On doit à Pierre de Rochefort (évêque de Carcassonne de 1300 à 1322) pratiquement toute l' œuvre gothique de la basilique.

 

Retour au plan


La pierre du siège

Simon de Montfort tué au siège de Toulouse le 25 juin 1218 fut ramené à Carcassonne et enseveli dans l'église Saint-Nazaire. Ses restes furent exhumés 3 ans plus tard et portés dans un monastère près de Montfort - l'Amaury (Seine et Oise). Il est possible que la pierre dite pierre du siège, découverte en 1835 par Mérimée dans la basilique, soit l'un des morceaux du tombeau du chef de la croisade albigeoise.

Longueur : 1.08m
Largeur : 0.80m
Epaisseur : 0.20m

Tout porte à croire que ce fragment représente le siège de Toulouse. On peut y voir l'arme (trébuchet manœuvré par des femmes) qui a tué Simon de Montfort ainsi que son âme guidée au ciel par un ange tandis que son corps est emporté sur un brancard. La Garonne et les remparts de Toulouse sont présents également.

 

A côté de la pierre du siège se trouve un cénotaphe de Simon de Montfort qui malheureusement est un faux !

Retour au plan


Tombeau de l'évêque Radulphe

Ce tombeau plaqué s'inscrit dans une arcature gothique. Guilhèm Radulphe, décédé en 1266, avait obtenu que les habitants du bourg (détruit lors de la croisade) puissent s'établir dans un nouveau bourg, l'actuelle ville-basse. La chapelle Radulphe a été construite en contrebas de la basilique (niveau de l'ex-cathédrale romane) et comblée à mi-hauteur pour égaliser avec le niveau de la cathédrale gothique. C'est en 1839 qu'elle fut déblayée et que Cros-Mayrevieille découvrit le tombeau.

Ce tombeau est composé de 3 étages :

- 1er étage : scène des funérailles de l'évêque que l'on voit au centre sur le lit funèbre.

- 2ème étage : large arabesque de végétaux.

- 3ème étage : effigie du défunt en haut relief, revêtu des ornements pontificaux et bénissant.

Retour au plan


L'orgue

L'orgue de la basilique Saint-Nazaire est l'un des plus anciens de France.

Historique de l'orgue :

- 1680-1688 : construction de l'orgue (à partir de celui existant 40 ans auparavant) par Jean de Joyeuse. La tuyauterie sera refaite entièrement.

- 1772-1775 : relevage complet par Jean Pierre Cavaillé ; l'instrument sera agrandit (32 jeux et 3 claviers).

- Fin XIXème- début XX ème siècle : la partie instrumentale est remaniée par Michel Roger (ajout d'éléments romantiques, de jeux ondulants).

 

 

L'orgue est en très mauvais état dans les années 50. L'association des Amis de l'orgue (créée en 1962) lance une grande campagne de restauration qui prendra plusieurs années.

- 1970 : classement comme Monument Historique. Une restauration complète est décidée par la Commission des Orgues Historiques.

- 1982-85 : les travaux de restauration sont confiés à Barthélémy Formentelli.

L'orgue de la basilique est un instrument magnifique qui possède 4 claviers, 40 jeux et un pédalier dit "à la française".

L'été, de juin à septembre, sont organisées "les estivales d'orgue de la cité" par l'association des amis de l'orgue : on peut assister aux concerts gratuitement.

 

Retour au plan