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Il y eut une sorte de chute des anges. Leurs âmes, trompées par les esprits malins, se fiant aux promesses de Lucifer, se séparèrent de leur créateur. Elles tombèrent dans le monde visible, c'est à dire sur la terre. Elles entrèrent dans les corps fabriqués par le diable. Désormais prisonnières de leur gangue charnelle, elles ne pouvaient oublier pourtant leur origine céleste. |
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L'étincelle divine
persistait en elles, en dépit de leur trahison, des péchés dont elles se chargeaient dans
leur nouvel état. Elles restaient immortelles.
Lorsque leur corps mourait, elles se réincarnaient dans un autre corps, et cela indéfiniment.
Saisi de pitié, Dieu leur avait envoyé son fils Jésus-Christ. Ici les cathares se séparaient
catégoriquement des catholiques. Pour ces derniers, Jésus s'était incarné et sacrifié pour
le salut des hommes. L'enseignement et les rites de l'église catholique reposaient sur le sacrifice
rédempteur de Jésus.
Les Cathares lisaient autrement les écritures: pour eux le Christ était
venu délivrer un message, offrir aux hommes la clef de leur salut.
De nature divine il ne s'était
pas incarné mais n'avait pris que l'apparence humaine. Dieu n'aurait pas permis qu'il subît
l'affreux supplice de la croix. Les tortionnaires du Golgotha n'avaient crucifié qu'une ombre.
Il n'y avait donc pas eu rédemption mais appel. Jésus était venu tirer les âmes déchues de leur
sommeil, leur proposer un modèle de vie. Il avait attisé les étincelles divines enfouies dans leur
corps.
La fin du monde était non pas catastrophique mais une extinction progressive; les âmes sauvées
désertaient la terre, Satan restant seul dans son néant, marquant la séparation des deux principes.